Un nouveau chiffre relance le débat autour du projet de train à grande vitesse Alto entre Toronto et Québec.
Selon un document interne obtenu par The Globe and Mail, le coût global du projet pourrait atteindre environ 150 milliards de dollars lorsqu'on additionne la construction ainsi qu'environ quatre décennies d'exploitation et d'entretien.
La distinction est importante : il ne s'agit pas d'une nouvelle estimation de 150 G$ uniquement pour construire le réseau.
Alto évalue actuellement le coût en capital de construction entre 60 et 90 G$ en dollars de 2024 pour le réseau complet.
Un projet d'une ampleur rarement vue au Canada
Le réseau projeté relierait notamment Québec, Trois-Rivières, Laval, Montréal, Ottawa, Peterborough et Toronto, avec une possible station à Kingston toujours à l'étude.
Pour l'industrie de la construction, l'ampleur du projet demeure considérable.
La réalisation pourrait nécessiter :
- des centaines de kilomètres de voies ferroviaires dédiées;
- de nouvelles gares;
- des ponts et ouvrages civils;
- des tunnels dans certains secteurs;
- des systèmes d'alimentation électrique;
- des infrastructures de signalisation et de télécommunications;
- des ouvrages de drainage;
- des déplacements de services publics;
- une quantité importante d'acier, de béton, de cuivre, d'aluminium et d'équipements spécialisés.
Alto estime que le chantier pourrait soutenir environ 50 000 emplois pendant la période de construction.
Un impact potentiel sur toute l'industrie
Un projet de cette taille ne mobiliserait pas uniquement les entrepreneurs directement responsables des grands contrats.
Il pourrait également augmenter la demande pour les firmes de génie, entrepreneurs spécialisés, fabricants, fournisseurs de matériaux, équipements ferroviaires et services professionnels partout dans le corridor Québec–Ontario.
La disponibilité de la main-d'œuvre et la capacité des grands entrepreneurs à livrer simultanément d'autres projets d'infrastructure pourraient aussi devenir des enjeux importants.
Le 150 G$ change surtout la discussion financière
Le chiffre de 150 G$ est particulièrement intéressant parce qu'il ramène la question du financement à long terme.
Alto indique que les revenus générés par le réseau devraient éventuellement couvrir ses coûts d'exploitation et d'entretien.
Il reste néanmoins plusieurs décisions majeures à prendre concernant le financement, le partage des risques, le phasage du projet et les modèles contractuels qui seront utilisés.
Pour les entreprises de construction, ces décisions auront une influence directe sur la façon dont les futurs contrats seront divisés et attribués.
L'un des plus grands projets potentiels de notre génération
Même en conservant l'estimation actuelle de 60 à 90 G$ pour la construction, Alto pourrait devenir l'un des plus importants programmes d'infrastructure jamais réalisés au Canada.
Pour l'écosystème québécois de la construction, les prochaines années seront donc importantes.
Au-delà du débat sur le coût global, les entreprises devront surtout surveiller comment le projet sera financé, divisé en lots, livré et attribué au marché.
C'est à ce moment que les véritables occasions pour les entrepreneurs, professionnels et fournisseurs commenceront à se préciser.
Sources :
- Alto, Canada's Moment: The Economic Opportunity of High-Speed Rail, 20 août 2026
- Alto, FAQ officielle sur les coûts, l'achalandage et les emplois
- TVA Nouvelles, 31 août 2026
- The Globe and Mail, information concernant le document interne rapportant environ 150 G$ sur 40 ans




